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Comment utiliser la formule de Grassmann

    Comment utiliser la formule de Grassmann

    Comment Utiliser la Formule de Grassmann

    La formule de Grassmann est une relation fondamentale qui relie les dimensions de deux sous-espaces vectoriels, $F$ and $G$, à celles de leur somme ($F+G$) et de leur intersection ($F \cap G$). C’est un outil puissant pour déduire une dimension manquante ou pour vérifier la cohérence de ses calculs.

    La Formule et sa Signification

    Pour deux sous-espaces vectoriels $F$ et $G$ d’un même espace vectoriel $E$, on a :
    $\text{dim}(F+G) = \text{dim}(F) + \text{dim}(G) – \text{dim}(F \cap G)$

    Intuitivement, cela signifie que pour obtenir la « taille » de l’espace total engendré ($F+G$), on additionne les « tailles » de $F$ et $G$, mais on doit soustraire la « taille » de ce qu’ils ont en commun ($F \cap G$) pour ne pas le compter deux fois.

    Exemple 1 : Vérifier un calcul

    Dans $\mathbb{R}^3$, soit $F$ le plan d’équation $z=0$ et $G$ le plan d’équation $y=0$.

    1. Calculons chaque dimension séparément :
    – $F = \text{Vect}((1,0,0), (0,1,0))$, donc $\text{dim}(F)=2$.
    – $G = \text{Vect}((1,0,0), (0,0,1))$, donc $\text{dim}(G)=2$.
    – $F \cap G$ : les vecteurs $(x,y,z)$ doivent vérifier $z=0$ et $y=0$. Ce sont les vecteurs de la forme $(x,0,0)$. Donc $F \cap G = \text{Vect}((1,0,0))$ et $\text{dim}(F \cap G)=1$.
    – $F+G = \text{Vect}((1,0,0), (0,1,0), (0,0,1))$, donc $F+G = \mathbb{R}^3$ et $\text{dim}(F+G)=3$.

    2. Appliquons la formule :
    $\text{dim}(F) + \text{dim}(G) – \text{dim}(F \cap G) = 2 + 2 – 1 = 3$.
    Ce résultat est bien égal à $\text{dim}(F+G)$. Le calcul est cohérent.

    Exemple 2 : Trouver la dimension de l’intersection

    Dans $\mathbb{R}^4$, soit $F = \text{Vect}(u_1, u_2)$ et $G = \text{Vect}(v_1, v_2)$ avec $u_1=(1,1,0,0)$, $u_2=(0,1,1,0)$, $v_1=(0,0,1,1)$, $v_2=(1,0,0,1)$.

    1. Dimensions de F et G :
    Les familles $(u_1, u_2)$ et $(v_1, v_2)$ sont clairement libres. Donc $\text{dim}(F)=2$ et $\text{dim}(G)=2$.

    2. Dimension de F+G :
    $F+G = \text{Vect}(u_1, u_2, v_1, v_2)$. On calcule le rang de cette famille.
    $A = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 & 1 \\ 1 & 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 & 1 \end{pmatrix}$. On peut calculer son déterminant, il est non nul. Le rang est 4.
    Donc $\text{dim}(F+G)=4$.

    3. Utiliser Grassmann pour trouver $\text{dim}(F \cap G)$ :
    $\text{dim}(F \cap G) = \text{dim}(F) + \text{dim}(G) – \text{dim}(F+G)$.
    $\text{dim}(F \cap G) = 2 + 2 – 4 = 0$.

    Conclusion : L’intersection est de dimension 0, donc $F \cap G = \{0_{\mathbb{R}^4}\}$.

    Exemple 3 : Prouver qu’une somme est directe

    Une somme est dite directe, notée $F \oplus G$, si $F \cap G = \{0\}$.
    Dans $\mathbb{R}^3$, soient $F$ le plan d’équation $x+y+z=0$ et $G$ la droite $\text{Vect}((1,1,1))$.

    1. Dimensions de F et G :
    $F$ est un plan, $\text{dim}(F)=2$.
    $G$ est une droite, $\text{dim}(G)=1$.

    2. Vérifions si le vecteur de G est dans F :
    Pour le vecteur $(1,1,1)$, on a $1+1+1 = 3 \neq 0$. Le vecteur directeur de $G$ n’est pas dans $F$.
    Comme $G$ est une droite, le seul vecteur de $G$ qui pourrait être dans $F$ est le vecteur nul.
    Donc $F \cap G = \{0\}$ et $\text{dim}(F \cap G)=0$.

    3. Utiliser Grassmann pour trouver la dimension de la somme :
    $\text{dim}(F+G) = \text{dim}(F) + \text{dim}(G) – \text{dim}(F \cap G) = 2 + 1 – 0 = 3$.

    Conclusion : La somme est de dimension 3 dans $\mathbb{R}^3$, donc $F+G = \mathbb{R}^3$. Comme l’intersection est nulle, on peut écrire $\mathbb{R}^3 = F \oplus G$. $F$ et $G$ sont dits supplémentaires.

    Quand la Formule est-elle la plus utile ?
    • Quand le calcul de la dimension de l’intersection est compliqué, mais que celui de la somme (via le rang d’une grande matrice) est direct.
    • Quand on veut prouver qu’une somme est directe. On montre que $\text{dim}(F+G) = \text{dim}(F) + \text{dim}(G)$, ce qui implique que $\text{dim}(F \cap G)=0$.
    • Pour s’assurer rapidement qu’on ne s’est pas trompé dans des calculs plus longs de bases de l’intersection ou de la somme.