L’étude approfondie de l’ellipse constitue un socle incontournable de la géométrie euclidienne plane. En effet, cette courbe fermée remarquable modélise rigoureusement les trajectoires orbitales képlériennes.

Définitions Formelles de l’ellipse

Soit $\mathcal{E}$ un plan affine euclidien orienté. La géométrie analytique propose deux définitions métriques strictement équivalentes pour cette conique.

Définition Bifocale Métrique

Considérons deux points distincts $F$ et $F’$, appelés foyers. Posons leur distance focale mutuelle $FF’ = 2c > 0$.

Soit un réel strictement positif $a$ tel que $a > c$. L’ellipse est le lieu géométrique exact des points $M$ vérifiant l’identité :

$$MF + MF’ = 2a$$

Le paramètre scalaire $2a$ représente la longueur absolue du grand axe géométrique de cette courbe.

Définition Focale par Directrice

Alternativement, fixons un foyer affine $F$ et une droite directrice $\mathcal{D}$ ne contenant pas $F$.

Soit un réel $e \in ]0, 1[$. Ce scalaire définit rigoureusement l’excentricité de la conique. L’ellipse rassemble les points $M$ satisfaisant le rapport métrique constant :

$$\frac{d(M, F)}{d(M, \mathcal{D})} = e$$

Propriétés Algébriques et Équations

La paramétrisation analytique de l’ellipse révèle ses symétries structurelles intrinsèques. Elle facilite le calcul infinitésimal sur la courbe.

L’Équation Cartésienne Réduite

Plaçons l’origine $O$ du repère orthonormé au milieu précis du segment focal $[F, F’]$. L’axe des abscisses porte naturellement les foyers.

L’équation cartésienne prend alors la forme quadratique canonique et normalisée suivante :

$$\frac{x^2}{a^2} + \frac{y^2}{b^2} = 1$$

Le réel $b > 0$ correspond au demi-petit axe orthogonal. Il est défini par la relation pythagoricienne fondamentale :

$$b^2 = a^2 – c^2$$

Paramétrisation Trigonométrique Continue

La compacité topologique de l’ellipse permet une paramétrisation angulaire globale. Pour tout paramètre réel $t \in [0, 2\pi[$, les coordonnées spatiales s’écrivent :

$$x(t) = a \cos(t) \quad \text{et} \quad y(t) = b \sin(t)$$

Démonstrations Analytiques Rigoureuses

L’équivalence mathématique entre la définition bifocale et l’équation réduite nécessite un développement algébrique méticuleux.

Preuve de l’Équation Canonique

Preuve : Soit le repère orthonormé centré en $O$. Les coordonnées focales sont strictement $F(c, 0)$ et $F'(-c, 0)$. Considérons un point $M(x, y)$ appartenant topologiquement à l’ellipse.

La condition bifocale initiale s’écrit analytiquement avec la norme euclidienne :

$$\sqrt{(x-c)^2 + y^2} + \sqrt{(x+c)^2 + y^2} = 2a$$

Isolons le premier radical euclidien. Élevons ensuite l’équation algébrique résultante au carré pour amorcer l’élimination.

$$(x-c)^2 + y^2 = 4a^2 – 4a\sqrt{(x+c)^2 + y^2} + (x+c)^2 + y^2$$

Développons les identités remarquables polynomiales. Simplifions immédiatement les termes spatiaux quadratiques redondants.

$$x^2 – 2cx + c^2 + y^2 = 4a^2 – 4a\sqrt{(x+c)^2 + y^2} + x^2 + 2cx + c^2 + y^2$$

Nous obtenons une équation linéaire partielle isolant l’ultime radical géométrique.

$$-4cx = 4a^2 – 4a\sqrt{(x+c)^2 + y^2}$$

Divisons l’expression scalaire par $4$ et réarrangeons les termes pour préparer la seconde élévation.

$$a\sqrt{(x+c)^2 + y^2} = a^2 + cx$$

Élevons une seconde fois au carré l’ensemble de l’égalité. Cette opération garantit l’élimination définitive des racines carrées.

$$a^2(x^2 + 2cx + c^2 + y^2) = a^4 + 2a^2cx + c^2x^2$$

Distribuons les coefficients et regroupons méthodiquement les variables algébriques spatiales $x$ et $y$.

$$(a^2 – c^2)x^2 + a^2y^2 = a^2(a^2 – c^2)$$

Substituons l’identité géométrique matricielle fondamentale vue précédemment : $b^2 = a^2 – c^2$.

$$b^2x^2 + a^2y^2 = a^2b^2$$

En divisant intégralement par la constante non nulle $a^2b^2$, la forme réduite canonique est formellement démontrée. $\blacksquare$

Exemples et Contre-exemples Topologiques

L’analyse des invariants paramétriques permet d’isoler les cas singuliers de l’équation quadratique générale.

Exemple Paramétré : Le Cercle Parfait

Considérons algébriquement la limite géométrique où la distance focale s’annule strictement. Nous posons formellement $c = 0$.

L’excentricité métrique devient nulle ($e = 0$). Les deux demi-axes s’égalisent parfaitement, impliquant structurellement $a = b = R$.

L’équation cartésienne se transforme inévitablement en celle d’un cercle euclidien de rayon unitaire $R$.

$$\frac{x^2}{R^2} + \frac{y^2}{R^2} = 1 \implies x^2 + y^2 = R^2$$

Le cercle est donc rigoureusement modélisé comme une ellipse d’excentricité nulle.

Contre-exemple : L’Ellipse Ponctuelle Dégénérée

Modifions artificiellement le terme constant unitaire de l’équation cartésienne classique par le scalaire zéro.

$$\frac{x^2}{a^2} + \frac{y^2}{b^2} = 0$$

Cette somme algébrique de carrés réels positifs ne s’annule que si chaque terme est simultanément nul.

$$x = 0 \quad \text{et} \quad y = 0$$

Cet ensemble mathématique ne forme absolument pas une courbe continue et régulière. Le lieu topologique se réduit strictement à un point singulier unique : l’origine spatiale $O(0,0)$.